Ces mascottes mignonnes veulent gérer ta vie numérique
OpenClaw, Grok Bot, Muse, Dots : en quelques semaines, tous les grands de l'IA ont sorti le même produit, un agent qui tourne en permanence et s'occupe de ta vie numérique. Ce que c'est, ce que ça coûte, et ce que tu lui confies.
Quatre mascottes d'agents IA en 3D qui travaillent en équipe autour d'une checklist, de documents et d'un écran flottant
Il est 22 h. Un client t'écrit pour décaler le rendez-vous de demain matin. Tu ne lis pas le mail, tu arrives sur place, personne. Maintenant imagine une IA qui a lu le mail à ta place, vu que ça tombe sur ton agenda, et t'a envoyé un message : « Ton client décale à 14 h, je réponds oui ? »
Cette IA-là existe déjà, et elle a un visage. Depuis quelques semaines, tous les grands de l'IA sortent la même chose, avec le même sourire : un petit personnage mignon qui travaille pour toi en permanence. On appelle ça des agents. La semaine dernière, c'était au tour d'OpenAI d'annoncer le sien : on fait le point sur les agents IA.
Un agent, c'est quoi ?
Il n'y a pas de définition propre, le mot est utilisé à toutes les sauces. Voici celle que je retiens.
Un agent, c'est une IA qui tourne en permanence, connectée à ta vie numérique : mails, agenda, fichiers, comptes. Tu peux lui confier une tâche à n'importe quelle heure depuis ton téléphone. Et comme elle travaille en fond, elle n'attend pas que tu lui parles. Elle te prévient quand un mail demande de décaler un rendez-vous, ou quand quelque chose d'important arrive.
La différence avec ChatGPT ou Claude tels qu'on les utilise aujourd'hui ? Eux répondent quand on les sollicite. Un agent travaille entre deux conversations.
Quatre agents, quatre mascottes
Ça a commencé en bricolant, et ça s'est industrialisé très vite.
OpenClaw, le bricolage qui a tout lancé. Un logiciel libre et gratuit, créé par Peter Steinberger, que tu installes sur un ordinateur chez toi. Il doit tourner sans s'arrêter, et tu lui parles par WhatsApp, Telegram ou iMessage. Le revers : tu donnes tes accès à un outil que tu configures toi-même, et le CERT-FR a déjà publié des mises en garde sur ce type d'agents. Sa mascotte : un petit homard rouge tout rond. (source)
OpenClaw. Visuel du site openclaw.ai
Grok Bot, les agents dans une messagerie. Lancé en bêta mi-août par SpaceXAI, la structure d'Elon Musk. Chaque agent a son propre ordinateur dans le cloud, tu lui confies une tâche par message, et tu peux réunir plusieurs agents dans une même conversation où ils se répartissent les rôles et se passent le travail. Dans l'esprit : un agent marketing, un agent prospection, un agent communication, et tu discutes avec eux comme avec une équipe. Ça continue même quand ton ordinateur est éteint. Le tout réservé, bien sûr, aux abonnés payants. (source, ForkLog)
Grok Bot. Visuel de x.ai
Muse, l'agent de Meta dans WhatsApp. Présenté début septembre, pour l'instant aux États-Unis uniquement. Il envoie des mails, réserve des voyages, remplit des formulaires et achète pour toi, avec une carte bancaire à usage unique pour que ta vraie carte reste cachée. Tu le pilotes depuis WhatsApp, l'appli ou le site. Gratuit en version de base, puis 20 et 100 dollars par mois. Meta promet que ces échanges ne nourrissent pas la publicité. Sa mascotte : une peluche beige avec un casque audio. (DataCamp, Les Actus du Net)
Muse. Visuel du site muse.ai
Dots, l'agent d'OpenAI, annoncé le 29 septembre. Chaque Dot a un nom, un objectif, son propre ordinateur dans le cloud et l'accès à plusieurs milliers d'applications. Tu lui parles depuis ChatGPT ou tes outils de messagerie d'équipe, par message ou par appel vocal. Par défaut, ses tâches de fond sont en lecture seule, et tu choisis quand il agit seul ou demande ton feu vert. OpenAI le place côté travail pro : préparer un rendez-vous, retoucher une présentation. Sa mascotte : un petit personnage jaune à lunettes et nœud papillon, qui s'appelle Alfred dans la démo. (TechCrunch, iPhoneSoft)
Une session avec un Dot, et sa mascotte en bas à droite. Capture OpenAI, via TechCrunch
Chez toi ou chez eux
Avec OpenClaw, l'agent tourne chez toi. Avec Grok Bot, Muse et Dots, il tourne sur les serveurs du fournisseur. Fini l'installation compliquée et l'ordinateur qui doit rester allumé : tout est géré pour toi.
Deux contreparties.
Ils ont accès à toute ta vie numérique et lisent tout, en permanence : mails, agenda, et tout ce que tu leur connectes.
Le ticket d'entrée monte. Chez OpenAI, Dots est inclus dans les formules Pro (autour de 100 euros par mois depuis avril), Business Premium et Enterprise. En Europe, tous ces produits ne sont pas encore accessibles.
Autre différence, le terrain de jeu. Meta joue la vie de tous les jours : réserver, acheter, négocier une facture. OpenAI vise le travail.
Un gadget, pour l'instant
Soyons honnêtes : on en est au début, et ça reste un peu un gadget. Muse n'est pas disponible en France, Dots n'est pas ouvert à tout le monde en Europe, Grok Bot est en bêta. Mais la direction est claire, et elle est prise par tout le monde en même temps.
Sur l'année qui vient, je m'attends à une adoption d'abord sur l'administratif perso. Un agent qui trie ton courrier : « Tu as reçu une lettre importante. N'oublie pas d'inscrire les enfants pour les vacances avant demain. » Ou qui t'envoie la nouvelle recette pour ce gâteau que tu voulais refaire.
Pour les pros, cela peut faciliter le travail à plusieurs entre IA et humains. Une discussion type WhatsApp ou Slack où on parle entre humains, avec des agents derrière à qui on peut confier des tâches. Je l'imagine assez bien dans les grandes structures d'abord, comme une messagerie hybride humain et machine, plus directe que le mail.
Et Anthropic dans tout ça ?
Côté Claude, on peut déjà reproduire une bonne partie de ça avec Cowork, ses routines et ses connecteurs. Mais c'est moins sympa côté interface : il faut que l'ordinateur soit allumé et que tu sois devant, et on n'a pas cette discussion sur le téléphone. Est-ce un vrai manque, ou une fausse bonne idée ? Je ne sais pas encore. Reste à voir si Anthropic suit la tendance.
Pour résumer
Un agent est une IA qui tourne en permanence, connectée à tes outils, que tu pilotes depuis ton téléphone et qui te prévient d'elle-même.
OpenClaw tourne chez toi (à configurer toi-même). Grok Bot, Muse et Dots tournent chez leur fournisseur avec accès en permanence à tes données.
Meta vise le quotidien, OpenAI le travail. Muse n'est pas encore en France, et les abonnés Pro européens attendent encore Dots.
Le prix de la commodité : ils lisent tout, en permanence.
Pour l'instant c'est un début. Sur l'année qui vient, l'agent perso et la messagerie mêlant humains et agents devraient s'installer.
Et toi, qu'est-ce que tu laisserais lire à un agent ? Ton agenda ? Tes mails clients ?
À la semaine prochaine,
Steven
Tu connais un architecte que le sujet intéresserait ?
Transfère-lui cette édition, ça prend dix secondes. Et s'il veut la suivante, il s'abonne en un clic, sans formulaire :