Cette semaine on parle production avec deux projets livrés ces derniers jours, et des usages très différents d'images avec l'IA.
Un constat : ce qui compte n’est pas le modèle du moment, c’est le process autour. Les modèles changeront encore trois fois d’ici la fin de l’année, le workflow lui, s'affinera avec le temps.
C’est un peu plus long que d’habitude, mais avec du concret.


Cas 1. Casser le rendu Revit en phase esquisse

Le contexte. Une extension contemporaine en phase faisabilité. On parle volumes, implantation, première lecture du projet. Pas question d’y passer trois jours de rendu, mais le BIM en sortie directe reste figé, trop “logiciel”. Le client voit le carré du modèle, pas encore le projet.

L’idée. Une surcouche IA en noir et blanc, type croquis main levée, qui gomme le côté informatique sans toucher à la géométrie. On reste sur du dessin de faisabilité, mais dans un registre qui valorise mieux l’intention.

La méthode est volontairement minimale :

  1. Capture d’écran depuis Revit (ou Archicad etc...)
  2. On envoie les images dans Nano Banana 2, via l’interface Google Flow (le même modèle que dans le chat Gemini, mais avec une interface dédié aux l'images, disponible pour les utilisateur payant ici : https://labs.google/fx/fr/tools/flow/
  3. Un prompt court qui demande de garder la géométrie et d’ajouter une ambiance croquis.

Le prompt exact utilisé (à adapter selon ton dessin) :

Créer un dessin perspective croquis en gardant exactement la géométrie de cette image, quelques touches subtiles de feutre gris clair, rajoute de la végétation en fond type brouillon croquis d’architecte à la main, sans annotation ni texte.

Et c’est tout, deux ou trois variations, on garde celle qui colle au projet.

Avant / après. La sortie Revit montre les volumes propres mais sans relief. La version Nano Banana garde 100 % de la géométrie et lui ajoute un style : ombrages au feutre, végétation en arrière-plan etc... Le rendu reste cohérent avec la phase esquisse.

Pourquoi Google Flow plutôt que le chat Gemini ? Parce qu’on peut créer un dossier par projet, glisser-déposer les captures d'écran à modifier et les images de référence, comparer les itérations dans la même interface et génerer les images par serie de 4. Sur le chat, ça fonctionne aussi, mais c'est plus compliqué niveau organisation.


Cas 2. Faire une série d’images en qualité professionnelle pour un futur éco-quartier

Changement complet de projet. Cette fois on est sur des images pour une commercialisation d'un futur éco-quartier, il faut du photoréaliste type promotion immobilière. Détails, textures, angles précis, ambiance lumineuse cohérente sur une série de 10 images.

Là, un prompt d'une phrase et une capture d'écran ne suffisent plus. Il faut un process.

Le workflow complet :

Étape 1. Modélisation SketchUp + Twinmotion. Pas pour le rendu final (les textures et la végétation Twinmotion reste basique), mais pour caler les angles de vue, les cadrages, et tester les textures principales avec le client. C’est l’étape des allers-retours : on valide ce que le promoteur veut voir, on fixe les vues clés.

Vue aérienne d'un lotissement de maisons de plain-pied à toiture végétalisée, rendu Twinmotion brut avant traitement par IA
Image twinmotion

Étape 2. Passage sur Weavy.ai Weavy est une interface graphique nodale, multi-plateformes et multi-modèles d’images. Concrètement : un plan de travail dans lequel on pose ses prompts, ses images de référence, ses images à modifier, et où l’on peut comparer les sorties côte à côte. Gros avantage : des outils pratiques comme un pinceau ou un slider qui superpose deux images avec un curseur, pour vérifier que la géométrie ne dérive pas par rapport à l’image de base. L’historique reste là, on itère étape par étape, on valide ce qui fonctionne.

Workflow complet monté dans l'interface nodale Weavy pour produire une série de rendus
Workflow complet Weavy.ai

Étape 3. Élaboration du prompt avec un LLM. On part de la vue Twinmotion et des références d’ambiance (mood board), on demande à Claude ou ChatGPT de structurer un prompt détaillé. Ça évite de partir au feeling et de devoir relancer trois fois la même génération pour obtenir une image utilisable.

Mise au point du prompt à partir de la vue Twinmotion et d'un mood board de références
Mise au point du prompt

Étape 4. Test multi-moteurs. Sur cette série, comparaison entre Nano Banana 2, Nano Banana Pro, Flux 2 Max et ChatGPT Images 2. C’est ce dernier qui l’a emporté : meilleur sur le réalisme des matériaux bois et bardage, plus fin sur la végétation au sol. Demain, ça peut basculer sur un autre modèle. Le process reste.

Interface Weavy comparant le même rendu de maison en bois par quatre modèles : Nano Banana 2, Nano Banana Pro, Flux 2 Max et ChatGPT Images 2.0
Test de 4 rendu IA

Étape 5. Image témoin validée. Une fois qu’une image fait l’unanimité côté promoteur, elle devient la référence pour toute la série. Mêmes teintes, même heure de la journée, même qualité de ciel, même style de végétation.

Étape 6. Série cohérente. On reprend le même prompt et on l’ajuste à la marge pour chaque angle de vue. La cohérence vient du prompt, de la référence et de la modélisation amont.

Avant / après. D’un côté, la sortie Twinmotion : volumes corrects, texture basique, ciel synthétique. De l’autre, la vue série finalisée : lumière crédible, végétation dense, qualité photoréaliste. Et surtout, les 10 images de la série partagent la même identité visuelle.


Ce que je retiens de ces deux projets

Trois choses, qui s’appliquent aux deux cas :

1. Poser un workflow maintenant, sans attendre le prochain modèle. Le bon réflexe aujourd’hui n’est pas d’attendre la prochaine version pour s’y mettre, les outils sont maintenant assez bon pour une utilisation en agence. C’est le moment d’installer un process qui fonctionne avec les outils actuels et de s’en servir.
Quand Nano Banana 3, 4 ou 5 arriveront avec encore plus de précision, le workflow sera prêt à les recevoir, et tu ne feras qu’améliorer la qualité de tes sorties. Ceux qui n’auront jamais commencé devront tout reprendre depuis le début.

2. L’IA image n’est pas réservée au photoréalisme. On en parle presque toujours comme d’un outil pour rendre les choses ultra-réalistes. Le cas 1 montre exactement l’inverse : on peut s’en servir pour rendre la 3D moins réaliste, plus narrative, plus adaptée à la phase de conception.
Les outils changent vite, la vraie question, qui ne change pas : qu’est-ce que je montre, à quelle phase, et à quel niveau de détail. On se la posait déjà avant l’IA, et elle devient encore plus centrale maintenant que techniquement, faire du photoréaliste devient une commodité.

3. Les outils 3D ne disparaissent pas, ils changent de rôle. Twinmotion ne fait plus le rendu final. Il fait le cadrage, le calage des éléments scéniques, les allers-retours client sur les angles.


Envie de monter en compétence sur l'image par l'IA ?

Pour celles et ceux qui voudraient en plus une formation plus poussée sur Weavy spécifiquement, envoyez-moi un mail à steven@architectes.ai. Quand il y a assez de monde de motivé, je la mets en place, soit avec un organisme de formation, soit en format vidéos en ligne.


Dans la prochaine newsletter, on s’attaquera à faire une petite vidéo d’une minute à partir des images de l’éco-quartier.

À la semaine prochaine,
Steven

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